Sarah Rennie
Traduit par Iris Delagrange
« Il y a une poignée de cas résiduels, mais nous ne voyons pas de véritables éclosions dans la région », affirme la Dre Catherine Bélanger, coordonnatrice COVID-19 pour le Réseau local de santé du Haut-Saint-Laurent. En même temps, « il y a des variants qui circulent dans la province et près de chez nous », confirme-t-elle.
Actuellement en Montérégie, il y a 27 cas du variant britannique et 2 cas du variant sud-africain. Il y a maintenant 154 cas présumés de séquençage génomique au Laboratoire de santé publique du Québec.
« La communauté scientifique essaie toujours de comprendre quelle en est l’importance pour la population», souligne la Dre Bélanger en parlant des variants du COVID-19, qui sont considérés comme plus contagieux. Elle suggère toutefois que le respect des mesures de santé publique est plus susceptible d’avoir un impact sur la situation que les variants. « Ils sont dans notre radar. Mais il est normal qu’un virus mute ».
En fin de semaine dernière, il y avait plus de 70 éclosions actives en Montérégie, dont la majorité ont débuté dans des milieux scolaires et de travail. Il y a eu une diminution du nombre de cas dans tous les groupes d’âge, à l’exception des 0-9 ans et des 10-19 ans, où une légère augmentation a été observée. Le nombre de cas actifs dans la vallée reste stable autour de 10.
Nouveaux protocoles dans les écoles
Le protocole mis en place dans les écoles si un contact se produit avec un cas présumé d’un variant a été intensifié. On demandera maintenant aux élèves de s’isoler immédiatement si cela se produit, avec leur famille, et de suivre toutes les lignes directrices en matière de santé publique.
À ce jour, aucun cas de variant n’a été confirmé dans les écoles affiliées à la Commission scolaire New Frontiers (NFSB). En fait, il n’y a eu qu’un seul cas positif diagnostiqué au sein du réseau depuis la pause de mars. « C’est un baril de poudre », dit Rob Buttars, le directeur général de la NFSB.
Quant au protocole obligeant les élèves du primaire en zone rouge à porter des masques de procédure pédiatriques, cela n’a pas encore été mis en œuvre dans les écoles de la région car les masques ne devraient être livrés qu’entre le 22 et le 26 mars. M. Buttars admet qu’il est frustré qu’une annonce politique ait été faite sans s’assurer que la chaîne d’approvisionnement était en place, et affirme que les directeurs d’école sont conscients des retards de livraison. Les élèves de Châteauguay ont commencé à porter les masques le 8 mars, et selon M. Buttars, il y a eu peu de changements, sauf pour les travaux supplémentaires dans les écoles pour gérer la distribution et les déchets supplémentaires.
Le directeur général M. Buttars n’a pas tardé non plus à exprimer sa frustration face à l’hésitation du gouvernement provincial à considérer les enseignants, le personnel et les administrateurs des écoles comme un groupe prioritaire pour la vaccination. « Cela ne semble tout simplement pas juste », dit-il.
Vers le printemps
La semaine dernière, le gouvernement a commencé à permettre aux personnes âgées de 65 ans et plus de prendre rendez-vous pour se faire vacciner dans l’ensemble de la province. À Ormstown, la clinique de vaccination est désormais établie au Centre récréatif, et le personnel a maintenant commencé à administrer le vaccin. « C’est formidable qu’ils aient un centre de vaccination local dans chaque réseau de santé », dit la Dre Bélanger, qui estime que la campagne de vaccination en Montérégie a été bien organisée.
En même temps, la Dre Bélanger dit comprendre la frustration des gens en ce moment, car la région est demeurée une zone rouge malgré des chiffres qui correspondent à ceux déjà rétrogradés en zone orange. Pour l’instant, la proximité de la région avec Montréal et Laval, ainsi que la présence de variants et la nécessité de protéger les hôpitaux régionaux, ont pris le dessus sur le nombre de cas. « Si vous regardez le nombre total de cas, il n’a pas vraiment diminué. Nous sommes sur un plateau. Il y a encore beaucoup de circulation du virus », dit-elle.
« Le printemps devrait nous apporter de bonnes choses », suggère la Dre Bélanger, alors qu’une majorité de Québécois devraient être vaccinés d’ici juin. « Nous allons encore vivre avec le virus pendant un certain temps, ajoute-t-elle, notant qu’elle pense que l’on va passer un très bon été. »

