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Agriculture

L’UPA exige des balises au développement éolien d’Hydro

L’Union des producteurs agricoles (UPA) demande à Hydro-Québec de reporter un appel d’offres imminent visant la création de nouveaux parcs éoliens dans des zones agricoles productives.

Le président de l’UPA, Martin Caron, était accompagné lors d’une conférence de presse tenue le 26 mars à Longueuil par des représentants du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-Québec), de Vent d’élus et du Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ). Il a demandé à l’entreprise d’État provinciale de suspendre l’appel d’offres prévu début avril, qui prévoit l’installation de plusieurs centaines d’éoliennes, tout en exigeant que l’entreprise organise des discussions publiques sur le développement de l’énergie éolienne.

Hydro-Québec prévoit d’ajouter 10 000 mégawatts (MW) de nouvelle capacité éolienne d’ici 2035. Cela inclut le prochain appel d’offres qui visera un potentiel de 5 000 MW, produits presque entièrement dans des zones agricoles, dont jusqu’à 1 000 MW dans le seul corridor Huntingdon-Châteauguay.

L’UPA a adopté une résolution lors de son congrès général en décembre demandant au gouvernement de mandater le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour mener une analyse approfondie du secteur de l’énergie éolienne.

« La pression sur le territoire agricole est importante et constante. Depuis 10 ans, plus de 17 000 hectares agricoles ont été sacrifiés à l’étalement urbain, aux spéculateurs financiers et immobiliers, aux projets industriels et à la construction d’infrastructures. Toutes les composantes du gouvernement québécois, incluant Hydro-Québec, doivent à tout prix éviter d’aggraver cette problématique », a déclaré M. Caron.

Les organisations présentes lors de la conférence de presse ont également contesté le projet d’Hydro-Québec de collaborer avec des entreprises privées pour développer de nouveaux parcs éoliens.

« Le gouvernement et Hydro-Québec font preuve de négligence en confiant au privé l’évaluation des impacts sociaux et environnementaux, laissant la recherche de profit primer sur les risques », a déclaré Janie Vachon-Robillard, coordinatrice responsable du dossier éolien au sein du RVÉQ.

« Les nouvelles connaissances concernant les impacts des éoliennes sur la santé et les écosystèmes exigent une révision des normes, et seul le consentement des communautés par référendum peut garantir l’acceptabilité sociale des projets », a-t-elle insisté.

 

Le président de lUPA Martin Caron a appelé Hydro Québec à suspendre son prochain appel doffres pour lénergie éolienne lors dune conférence de presse à la Maison de lUPA à Longueuil le 26 mars PHOTO Sarah Rennie

 

Rachel Fahlman, présidente de Vent d’élus, qui regroupe des élus municipaux actuels et anciens engagés notamment pour la protection des terres agricoles contre le développement éolien, a souligné que ce type de développement se fait souvent sans le consentement des populations rurales. « La filière se développe à vitesse grand V avant même d’en avoir évalué les conséquences à l’échelle de la province. C’est pourquoi le BAPE générique est désormais essentiel », a-t-elle fait valoir.

Jérémie Letellier, président de la Fédération de l’UPA de la Montérégie, n’était pas présent à la conférence de presse, mais il a confirmé que le développement de l’éolien avait systématiquement été évoqué comme une priorité absolue lors des assemblées générales avec l’ensemble des 15 syndicats locaux.

« Nous savons qu’il y a eu des prospections. Nous savons que des promoteurs ont fait le tour des agriculteurs et des municipalités », a-t-il déclaré, avant de préciser que l’UPA n’est pas nécessairement opposée à l’industrie éolienne. « Nous avons une loi sur la protection des terres agricoles au Québec. Ce n’est pas pour rien. C’est parce que ce n’est pas censé être facile de développer des projets commerciaux, résidentiels ou industriels sur des terres agricoles », a-t-il expliqué.

M. Letellier a souligné que les zones ciblées par Hydro-Québec pour un éventuel développement éolien ont été identifiées selon les critères de l’entreprise, qui privilégient la proximité d’une station d’Hydro-Québec. « Ce que nous leur disons, c’est que la qualité des terres agricoles ne fait pas partie de leurs critères », a-t-il déclaré, tout en soulignant que la protection des terres agricoles devrait au contraire figurer parmi les priorités absolues.

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