Iris Delagrange
Paul Abraham est né en Suisse d’un père Italien et d’une mère Suisse; il a passé son enfance entre ces deux pays.
C’est en 1972 qu’il déménage en Angleterre puis en France, alors qu’il parfait encore sa formation d’artiste.
Depuis toujours, Abraham est fasciné par l’art de la bande dessinée avec une attirance particulière pour les “comics” américains. Après avoir obtenu un baccalauréat en Arts Plastiques, il intègre l’École Parisienne des Arts Appliqués ainsi que la School of Visual Arts à New York. C’est en 1993 qu’il déménage à Montréal avant d’arriver dans le Haut-Saint-Laurent il y a plus de 10 ans, s’installant avec sa partenaire, artiste elle aussi, à Havelock.
Au cours des dernières vingt années que Abraham a consacrées à l’art, il fut plusieurs fois récipiendaire de bourses de création et développement du Conseil des Arts et des Lettres du Québec (CALQ).
Se réclamant du phénomène artistique “Pop-Art”, Abraham s’inspire du style simple des cartoons pour illustrer les fantasmes et les réalités sociales dans lesquelles nous évoluons tous. Un thème majeur qu’il affectionne tout particulièrement est celui du bon et du mauvais, cette dichotomie exprimée à travers les valeurs judéo-chrétienne de la société occidentale moderne.
Lorsque Abraham présente ses oeuvres, que cela soit lors d’une exposition de groupe ou solo, il présente une association de pièces qui, mises ensemble, nous envoie un message et font la lumière sur certains messages que la société véhicule.


En ce moment, Abraham travaille sur une nouvelle recherche esthétique dans le but de créer des oeuvres qui mélangeraient les principes, les symboliques et les motivations de l’art Baroque à celle de l’art actuel et donc, dans le cadre de son art, qui serait intégré à son style pop art. La juxtaposition des styles donnera donc lieu à de nouvelles oeuvres très bientôt.
Il y a beaucoup d’artistes qui ont influencé Abraham. Ces derniers temps, c’est de Kerry James Marshall, qui a su insuffler à ses portraits de composition très classiques beaucoup de modernité, ainsi que David Salle qui lui aussi sait se faire chevaucher les styles, dont Abraham s’inspire en ce moment. Il aimerait garder l’idée de juxtaposition et de collage en inventant une construction scénique de type théâtrale, façon décor donc, dont les plans se superposent dans l’espace, en profondeur. Pensez création en 3D plutôt que 2.
Dans une autre vie, il aurait voulu construire une carrière d’architecte.
Pour Abraham, l’artiste moderne se doit d’exprimer son univers intérieur par son art et cela peu importe son époque. Pourtant, notre société actuelle est très particulière car elle est saturée d’images et la définition même de ce qu’est l’art est de plus en plus floue. En effet, l’art se fait et se défait, d’après Paul Abraham, au gré de la spéculation. L’art se “consomme” et donc vit et meurt très rapidement.
“Je crois qu’il faut tenter d’innover en veillant à ne pas perdre son âme, c’est le seul moyen de survivre quand l’art est sa raison d’être,” dit-il.

