Le mois dernier, Debbie Purdy a été dévastée lorsque l’un de ses deux chevaux plus âgés est soudainement tombé gravement malade. Sa jument, Paige, née il y a 28 ans dans sa ferme d’Aubrey, est morte peu de temps après avoir contracté l’encéphalite équine de l’Est (EEE), une maladie rare, mais grave et souvent mortelle, transmise par les moustiques.
À ce jour, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a émis deux alertes à la maladie pour des cas confirmés d’EEE dans le Haut-Saint-Laurent, ceux-ci ayant été enregistrés dans le Système canadien de surveillance de la santé animale. En discutant avec différents propriétaires de chevaux et membres de la communauté, il a été rapporté que plus de quinze animaux à travers la région ont maintenant péri en raison de l’EEE.
« Il s’agit d’un rayon assez restreint », précise Mme Purdy à propos des cas locaux, tout en soulignant qu’elle connaît personnellement au moins trois autres personnes qui ont perdu leurs animaux des suites de la maladie. Après la mort de Paige, elle a publié un message sincère sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser la population locale au virus et à ses conséquences mortelles.
Entre 75 et 95 % des chevaux infectés meurent dans les deux ou trois jours suivant l’apparition des symptômes. Les symptômes cliniques de l’EEE, parfois appelée maladie du sommeil, apparaissent brusquement et peuvent inclure un état de léthargie ou de somnolence, des changements de comportement, des troubles de la vision, des contractions musculaires ou une paralysie.
« Il est d’une rapidité dévastatrice », confirme Mme Purdy.
Le gouvernement du Québec prévient que les autorités observent une activité virale élevée dans toute la province et que plusieurs cas d’EEE ont été détectés chez des chevaux dans les régions de Lanaudière, de la Montérégie et des Laurentides. L’Ontario, le Vermont et l’État de New York signalent également un nombre accru de cas.
Le département de la Santé du Vermont rapporte que plus de 70 groupes de moustiques ont été déclarés positifs à l’EEE dans plus de quinze villes. L’année dernière, seuls quatorze groupes répartis dans trois villes avaient des résultats de test positifs, ce qui suggère une augmentation significative de la circulation de moustiques infectés.
De l’autre côté de la frontière, dans le Vermont, les villes d’Alburgh, Burlington, Colchester et Swanton présentent un haut degré de risque. Les autorités sanitaires ont recommandé aux habitants de ces villes d’éviter de sortir après 18 h pour se protéger des moustiques.

Le virus est particulièrement dangereux pour les chevaux, mais les humains peuvent également contracter la maladie par la piqûre d’un moustique infecté. La plupart des personnes ne présentent aucun signe clinique de la maladie, mais certaines peuvent présenter des symptômes semblables à ceux de la grippe. En général, les personnes infectées se rétablissent complètement en l’espace d’une à deux semaines.
Aucun cas humain n’a été confirmé à ce jour au Québec. Toutefois, un habitant d’Ottawa décédé en août a été déclaré positif à l’EEE. Des cas humains ont également été identifiés dans le Massachusetts, le Rhode Island et le New Hampshire, où une personne est décédée.
Il n’existe pas de vaccin pour les êtres humains contre ce virus, et le meilleur moyen de se protéger contre les maladies transmises par les piqûres de moustiques est d’éviter les piqûres.
Il existe un vaccin approuvé pour les chevaux, mais Mme Purdy souligne que tous les propriétaires de chevaux ne sont pas au courant de cette vaccination qui pourrait sauver la vie de leurs animaux, car la maladie est considérée comme très rare.
« Cela me touche au plus profond de mon être, car je me suis sentie prise au dépourvu », dit-elle.
Selon le gouvernement, il est encore temps pour les propriétaires de chevaux de vacciner leurs animaux, même si la vaccination devrait normalement avoir lieu avant le plus fort de la saison des moustiques, au printemps.

