Sarah Rennie
“Nous sommes glacés,” dit la Dr. Catherine Bélanger, la coordonnatrice COVID-19 pour le réseau local de santé du Haut-Saint-Laurent. “Nous avons eu de la chance jusqu’à maintenant,” ajoute t-elle, notant que la Vallée a évité le pire, jusque là. La clinique désignée pour le COVID-19 de Ormstown installée dans le centre récréatif a fermé ses portes le 1er mai dernier. “Nous n’avons eu presque pas de patients,” dit-elle, suggérant que la situation dans les autres services de santé locaux a été similaire. “Pendant une semaine nous avons eu plus de patients à l’urgence, mais cela n’a rien donné,” explique t-elle, confirmant que la région ne compte pas beaucoup de cas et qu’il n’y a aucun cas confirmé dans les CHSLD locaux. Au moment ou nous écrivions ces informations, il y avait 19 cas confirmés dans la MRC du Haut-Saint-Laurent et 56 dans la MRC voisine des Jardins-de-Napierville.
“Mon sentiment c’est que nous sommes une communauté rurale et qu’il n’y a pas beaucoup de contacts entre les personnes, c’est ce qui nous protège,” ajoute Catherine Bélanger, ajoutant que le fait que le Barrie Memorial n’était pas un établissement désigné pour le COVID-19 a aussi aidé. Mais le fait que le nombre de cas est bas ne veut pas dire que les médecins ne se préparent pas à une recrudescence de cas avec le retour à l’école et la réouverture des commerces. Autour de la Vallée, il y a quand même beaucoup de cas et la médecin explique qu’avec la météo plus douce et le nombre de campings et cottages, les gens vont circuler et pourraient amener le virus ici plus facilement.
“Ce qui fait le plus peur, c’est que c’est une première étape,” dit-elle de la réouverture des écoles, des magasins et entreprises après des semaines de confinement. “Mais c’est aussi pour cette raison que nous sommes toujours sur le qui-vive. Nous trouvons des manières de garder les gens en dehors des hôpitaux,” insiste t-elle, suggérant que si une deuxième vague arrive, le système sera capable de la gérer. Il est impossible, selon elle, de prédire quand et comment les choses vont se passer. “Nous essayons d’être prêts.”
Pour la médecin, les systèmes de santé d’Amérique du Nord ont de la chance et peuvent bénéficier de l’expérience gagnée en Europe et dans d’autres pays. Cela inclut des nouvelles études qui parlent de complications liées au virus tels que des caillots de sang et des attaques cérébrovasculaires ainsi que des syndrômes inflammatoires chez les jeunes patients. Il y a, cependant, encore peu d’informations sur la fréquence de ces complications. “Parce que nous sommes dans l’inconnu, avoir peur est normal. Il faut donc essayer d’agir de façon rationnelle et faire confiance au gouvernement. Je pense que nous sommes prêts avec ce que l’on sait déjà. Nous ne sommes pas sans ressources,” conclut-elle.
La Dr. Bélanger rappelle que même si les chiffres sont bons, ce n’est pas le temps de relâcher les mesures de distanciations sociales ni d’arrêter de se laver les mains fréquemment. Les centre médicaux restent disponibles par téléphone et cela même si la personne n’a pas de médecin de famille dans ceux-ci. Quiconque se présentant aux urgences avec des symptômes du COVID-19 sera envoyé à Valleyfield afin d’être évalué par un médecin en personne.

