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Des bleuets biologiques : un agroécosystème des plus intéressants

La saison des bleuets au Québec est l’une des périodes les plus excitantes de l’année. De plus, dans le Haut-Saint-Laurent, de nombreuse bleuetières nous offrent l’embarras du choix! La Bleuetière La Grande Ourse est une exploitation de bleuets biologiques à Saint-Chrysostome qui vise à créer une expérience unique pour chacun de ses visiteurs.

Le propriétaire Michael Talbot plonge dans l’histoire de la ferme : « C’est une ferme que nous avons démarrée au point zéro. Nous avons commencé il y a six ans à Saint-Chrysostome avec l’objectif de lancer une exploitation de bleuets entièrement biologique. Il n’y a pas eu d’agriculture au cours des 30 à 40 dernières années sur la ferme que nous avons achetée, alors c’était facile pour nous de démarrer en bio ».

 

Un troupeau de vaches Highland attend les visiteurs dans cette exploitation de bleuets à Saint Chrysostome PHOTO Courtousie de la Bleuetière La Grande Ourse

 

La ferme a pris de l’expansion au cours des années, passant de 500 plants de bleuets à plus de 3000. M. Talbot explique : « Nous avons 13 variétés de bleuets. Elles commencent [à fructifier] vers la première fin de semaine de juillet et durent jusqu’à la fin du mois d’août. Toutes les variétés ont des saveurs différentes et ont également des utilisations différentes ». Il y a trois ans, ils ont également implanté des vignes de raisins de table biologiques qui sont en cours de développement.

L’un des aspects les plus intéressants de l’exploitation est son troupeau de vaches Highland. La ferme s’est lancée il y a trois ans dans un élevage naturel de bovins de boucherie qui seront prêts pour la vente dès l’an prochain.

M. Talbot déclare : « Nos clients sont impressionnés par [les vaches]. Elles ont des poils longs et doux et des cornes et sont bien adaptées à l’environnement rustique du Québec. En hiver, elles ne souffrent pas comme les bovins ordinaires. Elles sont vraiment bien adaptées grâce à leurs poils ».

Les vaches ne sont nourries qu’à l’herbe, sans soja ni maïs, et elles « vivent en semi-liberté, souligne le jeune agriculteur. La seule chose que nous faisons, c’est de leur apporter de l’eau et le nécessaire en hiver. À part ça, tout se passe dans la nature. Ils dorment dans la forêt, ils se promènent ensemble, ils font leur propre rotation ».

L’objectif principal de l’exploitation est de « créer quelque chose d’éco-responsable, tant avec les bleuets qu’avec les vignes ». Malgré l’ajout de plantes et d’animaux de la ferme, l’objectif est de préserver le plus possible l’aspect naturel du terrain. « Nous accordons vraiment de l’importance à l’écosystème. Nous voulons que nos petits fruits poussent sans nuire aux plantes qui sont là naturellement. Bien sûr, nous mettons tout en place de manière commerciale ; nos petits fruits sont plantés en rangées. Mais nous répartissons les choses pour essayer de favoriser un environnement relativement intact ».

 

Michael Talbot et son épouse Véronique Thibodeau dans un de leurs champs de bleuets à la Bleuetière la Grande Ourse PHOTO Courtousie de la Bleuetière La Grande Ourse

 

Comme bien des fermes cette année, La Grande Ourse a également été durement affectée par le gel printanier et les chenilles. «On a perdu environ 30 à 40 % de notre production à cause du gel, et 20 à 30 % à cause des chenilles. L’année dernière était exceptionnelle. Cette année, ce sera passable. Malgré tout, en agriculture biologique, on ne peut pas tout contrôler ».

M. Talbot explique qu’ils essaient de tirer les leçons de cette année et de découvrir des solutions. « Tout est dans un écosystème et une agriculture qui est viable et écologique. Maintenant, il y a des problèmes partout avec les chenilles, mais nous l’abordons avec des méthodes alternatives, pour ne pas se tourner vers des pesticides chimiques ».

M. Talbot tient avant tout à souligner le nombre de produits impressionnants disponibles dans la région. « Depuis le début de la pandémie, on entend de plus en plus parler d’autosuffisance. Les gens revenaient à l’achat local et nous on trouve ça encourageant ».

Il insiste sur le fait que le Haut-Saint-Laurent regorge de produits frais, de viandes, de microbrasseries et autres, qui méritent d’être davantage reconnus, car « les gens consacrent énormément de temps à leur travail… et en achetant local, on découvre aussi des produits exceptionnels »!

La Grande Ourse n’est pas encore ouverte au public, mais on peut suivre les annonces sur leur page Facebook, Bleuetière La Grande Ourse bleuets et raisins biologiques.

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