The Gleaner
Agriculture

Les agriculteurs frustrés par la controverse sur le beurre

Sarah Rennie
Traduit par Ian Ward

« Je me sens mal si les gens pensent que nous les avons dupés, » déclare Jason Erskine, producteur laitier de Hinchinbrooke, à propos de la récente controverse qui a éclaté lorsqu’une chroniqueuse de Calgary, Julie Van Rosendaal, a posé la question de manière anecdotique sur les médias sociaux, à savoir si le beurre ne ramollissait pas à la température ambiante comme il le faisait autrefois.

La réponse, a-t-elle songé, pourrait être un sous-produit du palmier que certains agriculteurs incluent dans leurs fourrages. Cette affirmation a déclenché une frénésie médiatique, suscitant l’indignation des gastronomes et la frustration des communautés agricoles.

« La discussion sur le beurre m’intéresse s’il y a vraiment un problème », dit Erskine, « mais les accusations et les suggestions de trahison … » s’arrête-t-il. « Il est facile de faire réagir les gens, » poursuit-il, « mais nous ne mettons pas d’huile de palme dans le lait. »

En tant que représentant des producteurs laitiers de la Montérégie-Ouest auprès de l’Association des producteurs de lait du Québec, il affirme que les agriculteurs « sont fiers de produire des aliments de qualité, selon les normes les plus sévères » et que toute suggestion qu’ils sont indifférents est une insulte. De plus, Erskine rit : « Je n’ai aucun problème avec mon beurre à la maison. »

La palmite, comme on l’appelle parfois, est une source d’acide palmitique dérivée de l’industrie de l’huile de palme. Elle est produite à partir des déchets qui restent après l’extraction de l’huile. Environ 25 % des producteurs pourraient utiliser ce produit, mais la grande majorité de ceux-là ne le donnent pas à l’ensemble de leur troupeau. Il s’agit d’un supplément alimentaire dispendieux qui est ajouté aux fourrages sur les conseils de nutritionnistes qui analysent régulièrement des échantillons de fourrage et font des recommandations pour répondre au mieux aux besoins nutritifs de chaque animal.

 

Les producteurs laitiers sont attaqués depuis quune chroniqueuse a songé que les suppléments alimentaires à base de palme pourraient endurcir le beurre PHOTO Stock Image

 

Le supplément de palme, lorsqu’il est inclus dans l’alimentation d’un animal, est ajouté à un taux inférieur à un pour cent du régime total de la vache afin de tenter de contrer les déficits énergétiques, en particulier au début de la lactation. Il peut entraîner une augmentation de la quantité de matière grasse dans le lait produit. Cette pratique n’est pas récente et est approuvée au niveau fédéral pour l’utilisation dans l’alimentation du bétail.

Malgré cela, les Producteurs laitiers du Canada ainsi que les Producteurs de lait du Québec ont recommandé récemment aux producteurs d’envisager des alternatives aux suppléments alimentaires contenant des sous-produits de palme, tandis qu’un groupe de travail d’experts sera mis en place sous peu pour examiner la science derrière les questions soulevées à la lumière de cette controverse.

Erskine reconnaît que la situation est difficile, mais souligne que la palmite est l’un des suppléments alimentaires les plus étudiés, surtout si l’on considère qu’il est largement connu pour être une graisse des moins saines pour les humains. « Nous n’avons pas de preuves concluantes pour dire que cela se produit et que c’est la cause (du beurre dur). Il n’y a aucune preuve scientifique. Mais nous ne pouvons pas non plus réfuter les accusations hors de tout doute. Nous ne pouvons pas affirmer que c’est faux, » dit-il, tout en admettant que c’est une situation frustrante pour les agriculteurs.

Ce que les agriculteurs savent, c’est que la science alimentaire évolue et que « les vaches sont mieux nourries aujourd’hui qu’il y a dix ans. » Et, dit-il, les agriculteurs ont l’habitude de nourrir leurs animaux avec des sous-produits provenant de différentes industries alimentaires.

Certains agriculteurs de la région utilisent par exemple des drêches de brasserie, un sous-produit de la production de la bière qui demeure très nutritif, tout en valorisant un déchet. « Tant que les animaux peuvent les ingérer sans danger, il n’y a pas eu beaucoup de remises en question, » dit-il de la part des agriculteurs. « Mais nous suivons toujours de près la façon dont cela affectera la qualité du lait. »

 

 

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