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Plus d’une façon d’être transgenre

Mathieu Brault est originaire de la région et évolue à travers son parcours queer depuis des années. Il y a environ un an, il a dévoilé qu’il était un homme trans, ayant vécu son parcours au secondaire et au cégep en tant que femme homosexuelle. Il mentionne qu’avant même de commencer à s’interroger quant à son identité de genre, il « [était] vraiment porté sur le côté masculin du fait d’être lesbienne ». À la blague, il ajoute : « J’ai défini mon expression de genre bien avant mon identité de genre ».

Depuis qu’il est en transition, M. Brault a connu un changement au niveau de sa sexualité et constate qu’il est également attiré par les hommes. Pour ce qui est d’avoir été lesbienne pendant des années, il déclare : « Je pense que ce n’est que bien plus tard que je me suis rendu compte que je n’étais tout simplement pas le bon type d’homosexuel à l’époque ». Il n’est pas rare que les hommes transgenres ne soient attirés que par les femmes avant la transition et que cela change une fois qu’ils ont entamé le processus. « Pour moi, l’homosexualité n’est pas tant [le fait] d’être attiré par un genre spécifique, mais plutôt par la similitude », explique-t-il.

M. Brault souhaite clarifier les choses en ce qui concerne la confusion entourant les termes « homme trans » et « femme trans » : « Je pense qu’une méconnaissance courante est que les gens ne comprennent pas quand on dit “homme trans”. On me demande toujours “C’est dans quel sens”? » À titre de précision, un homme trans est une personne qui a effectué une transition pour devenir un homme, et une femme trans est une personne qui a effectué une transition pour devenir une femme. Certaines personnes qui s’identifient comme trans ne restent pas strictement dans les limites binaires : « Les gens ne comprennent pas que, tout comme la sexualité, le genre se situe sur un spectre », ajoute M. Brault.

 

Mathieu Brault est beaucoup plus sûr de lui depuis qu’il a entamé le processus de transition et rappelle aux gens que votre transition se fait selon vos propres termes. PHOTO Courtoisie Mathieu Brault

 

Une autre idée préconçue est qu’il existe une façon « correcte » ou « complète » d’effectuer une transition. Cependant, la transition de chacun est unique et n’a pas de « ligne d’arrivée » officielle. On distingue deux niveaux de transition : social et médical. D’une part, la transition sociale comprend des choses telles que le changement de nom et de pronoms, le port de vêtements affirmant le genre, etc. D’autre part, les transitions médicales peuvent inclure la chirurgie du haut (l’ablation ou la greffe de seins), la chirurgie du bas (l’ablation ou la transformation des organes génitaux), les hormones, etc.

M. Brault mentionne qu’il y a encore beaucoup de stigmatisation autour du fait de sembler être cisgenre : « Les personnes transgenres en général ont tendance à avoir peur de ne pas paraître [cisgenre], mais ce n’est pas aussi grave que nous le pensons. Nous y pensons beaucoup plus que les gens qui nous perçoivent », explique-t-il. Cela dit, il admet qu’il existe toujours des normes différentes pour les hommes trans et pour les femmes trans : « Je pense que c’est aussi dû au fait que je suis un homme trans, et que les femmes trans ont tendance à rencontrer plus de problèmes de “passage”. Et cela découle d’un point de vue privilégié ».

Depuis sa transition, M. Brault a constaté à quel point le sexisme est présent au sein de la société, et ce, surtout en milieu de travail. Il a remarqué comment les employés et les clients interagissent avec lui maintenant. Ils sont généralement plus indulgents, plus décontractés et font moins attention à ce qu’il fait : « Je fais l’expérience du privilège masculin pour la première fois. Ce n’est pas agréable ». Ayant vécu des deux côtés du privilège, il voit de quelles manières le sexisme se présente.

Au Québec, certaines chirurgies d’affirmation du genre sont couvertes par la santé publique. Néanmoins, des procédures comme la chirurgie de féminisation faciale (CFF) ou l’augmentation mammaire ne le sont pas. Cela crée un obstacle financier pour de nombreuses personnes transgenres, sans compter que les interventions chirurgicales peuvent être invasives et que la période de rétablissement peut être longue. M. Brault explique que c’est le choix personnel de chaque personne de subir une intervention chirurgicale et pose la question générale suivante : « Pourquoi vous préoccupez-vous tant de ce qu’il y a dans le pantalon de quelqu’un ? Pourquoi est-ce un “vrai trans” pour vous » ?

Pour tous ceux qui s’interrogent sur leur propre identité, M. Brault évoque l’éternel cliché : les choses finissent par s’arranger. Et ce n’est pas seulement votre situation personnelle qui s’améliore, mais la situation dans son ensemble : « J’ai reçu tellement d’amour et de soutien de la part de tous les gens de ma vie. Et bien que ce ne soit pas le cas pour tout le monde, je pense que cela devient de plus en plus le cas ».

M. Brault décrit les effets de la transition sur sa propre vie : « Je suis enfin de l’autre côté, et c’est bien mieux. Cela fait un an que je prends des hormones et je vis ma meilleure vie. Je n’ai jamais été aussi à l’aise dans mon corps auparavant ». Il réitère qu’il n’y a pas de calendrier en soi ou de manière de vivre sa vie en tant que trans : « La validité de votre “transidentité” ne dépend pas de la transition médicale, ni du fait de se présenter de façon cohérente… La façon dont les gens vous perçoivent ne change pas qui vous êtes en tant que personne ».

Le chemin à parcourir pour la libération des personnes trans est encore long. Pas plus tard que l’année dernière, le Québec a présenté le projet de loi 2, qui oblige les gens à indiquer sur leur carte d’identité quels sont leurs organes génitaux. M. Brault mentionne que c’est effrayant de voir cela ainsi que les autres projets de loi transphobes. Il espère que les progrès qui ont été faits pour la libération des personnes trans ne disparaîtront pas complètement avec ce nouveau discours.

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