The Gleaner
Éducation

Rentrée des classes 2020 : entre satisfaction et inquiétude

La rentrée est là: dans quelques jours, des milliers d’écoliers et enseignants prendront le chemin de l’école. Une rentrée qui a failli se faire sous le signe de la confusion générale. Le ministre de l’éducation, Jean-François Roberge, ayant annoncé “l’ABC d’une rentrée sécuritaire et réussie,” sur lequel on peut lire, entres autres, que le masque sera obligatoire en dehors des classes à partir de la 5e année et que la distanciation sociale ne sera pas requise à l’intérieur des salles de cours (concept des “bulles”), tout le monde peut donc souffler un peu et envisager un retour en classes presque normal.

“La peur du virus demeure,” explique une enseignante au secondaire de la Centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands (CSSVT) qui constate que même si les consignes de base sont claires, beaucoup de questions sur la mise en pratique quotidienne de ces mesures demeurent. “Si vous êtes parent d’ado, vous savez à quel point cela peut être difficile de faire respecter des consignes de base,” explique-t-elle. Au primaire, une autre enseignante se dit “rassurée” de ne pas devoir faire porter le masque toute la journée à ses élèves de maternelle. “Franchement, si le ministre avait annoncé cela, beaucoup de gens auraient protesté,” affirme-t-elle. Elle est convaincue que pour les enfants de 10 et 11 ans, il est plus facile de faire comprendre le but de la manoeuvre: ils sont plus matures que leurs camarades plus jeunes.

 

À partir de la semaine prochaine les élèves de toute la province prendront le bus scolaire pour retourner en classe les mesures de sécurité qui leur seront demandées variant en fonction de leur âge PHOTO Sarah Rennie

 

Les parents, eux, sont également rassurés. Une maman enseignante à la commission scolaire New Frontiers dont l’enfant de 10 ans fréquente une école francophone de la Vallée, les consignes énumérées sont logiques, même si elle aurait préféré que le masque ne soit obligatoire qu’à partir de 12 ans, comme cela a été recommandé jusque-là. “Quand ma fille m’accompagne au supermarché, elle ne porte pas de masque. Là, elle va devoir s’y habituer.” Pour cette mère, qui a une santé fragile, cela reste quand même une bonne idée. “Les scientifiques ne parviennent pas à s’entendre, alors le gouvernement choisit la prudence, ce qui est bien,” conclut-elle.

Pour l’enseignante de secondaire, le port du masque n’a rien avoir avec la santé publique. “Pour moi, c’est du conditionnement. On veut que les jeunes obéissent, qu’ils aient peur. Tout l’été, on nous a fait peur dans les médias avec des fêtes de jeunes, des histoires d’ados ne respectant pas les règles,” explique la professeure de mathématiques. “Je pense que c’est en partie faux, car je connais beaucoup de jeunes gens très respectueux [des règles], voir même qui fait la leçon à leurs parents,” affirme-t-elle.

Gestion des cas

Certains parents demeurent cependant inquiets, surtout au niveau de la gestion d’éclosions possibles.
Pour la maman à la santé fragile, un cas confirmé de COVID-19 dans la classe de sa fille pourrait avoir des conséquences dramatiques sur la vie de famille: la quarantaine, la peur d’attraper le virus et de finir hospitalisée.

“La gestion des cas possibles de COVID dans les écoles est un peu floue,” dit l’enseignante de maternelle de la CSSVT. “En gros, cela dépendra de plein de facteurs. Est-ce que l’enfant ou l’adulte a ressenti des symptômes en classe? A-t-il eu des contacts rapprochés avec d’autres personnes? Est-ce que la classe ferme ou l’école au complet?”

Au printemps, il y a eu peu de transmission dans les écoles et services de garde, mais cela est en partie dû au fait que peu d’élèves étaient présents. “Si les écoles tournent à pleine capacité, il va y avoir des cas,” soupire l’enseignante.

Une fermeture immédiate (dans les 24h) aura des conséquences directes sur les familles. Les parents devront rester à la maison, se remettre au télétravail (si possible!) et faire l’école à la maison à l’aide d’outils virtuels. La CSSVT a par exemple mis à disposition, au printemps dernier, plusieurs ressources pédagogiques en ligne pour que les enfants puissent continuer à apprendre.

Va-t-on vivre une série de confinements locaux? “Si à chaque fois qu’un cas se déclare, on doit tout fermer, cela va vite devenir l’enfer,” dit l’enseignante de secondaire.

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