Holly Dressel
Traduit par Sabrina Vaillancourt
Depuis le printemps dernier, au Québec, on nous répète qu’il est primordial que le plus de gens possible se fassent vacciner contre la grippe cette année afin d’éviter qu’un grand nombre de cas graves viennent engorger notre système de santé. Pourtant, à la fin du mois d’octobre, en pleine deuxième vague de la COVID-19, le Québec semble être la seule province au Canada qui n’a toujours pas lancé son plan d’immunisation contre la grippe. En Ontario, en Colombie-Britannique, en Alberta et dans les Maritimes, le processus de vaccination est en cours depuis plusieurs semaines déjà, à un point tel que Toronto est sur le point de manquer de vaccins. Ici, dans la région, Dr. Bélanger du Centre Médical d’Ormstown convient que « le vaccin contre la grippe est très, très important pour ceux qui en ont besoin », tout en admettant que cette année, « la stratégie concernant la vaccination contre la grippe m’est toujours inconnue ». Elle affirme que des doses ont été commandées pour la clinique, mais que « nous ne fonctionnerons pas comme les années précédentes ». Elle suggère qu’ils fonctionneront probablement par rendez-vous et qu’ils utiliseront une stratégie de vaccination opportuniste. La clinique n’acceptera pas les visites sans rendez-vous.
Un reportage de la CTV, paru le 15 octobre, a énuméré les endroits qui recevraient des vaccins à administrer et incluait « certaines cliniques médicales », donc Ormstown n’est pas la seule à être incertaine quant à la suite des événements. Le 10 octobre, lorsque contactés par le Gleaner, certains docteurs et centres médicaux d’Ormstown et de Huntingdon ont déclaré avoir été informés qu’ils ne donneraient pas de vaccins cette année et qu’en raison des inquiétudes liées à la COVID, l’entièreté du processus d’immunisation contre la grippe aurait lieu dans les CISSS (auparavant appelés CLSC), ce qui représente moins de lieux de vaccination qu’en temps normal. Il leur a aussi été mentionné que les démarches afin de recevoir un vaccin devaient être faites sur le site Internet de clicsante.ca, qui n’était pas accessible avant le 13 octobre. Moins de 48 heures après son lancement, le site Internet pour les réservations de vaccins en Montérégie s’est effondré (bien qu’il était fonctionnel à nouveau au moment d’écrire cet article), et les rendez-vous se réservaient rapidement. Les pharmacies sont une autre possibilité pour se faire vacciner, mais elles se voient attribuer seulement la moitié de la quantité de vaccins qu’elles reçoivent habituellement.
En temps normal, lors des dernières années, alors que la demande n’était pas si élevée, il était possible d’être vacciné par des médecins, des infirmières, dans les pharmacies ainsi que dans des centres médicaux, voire même dans certains centres communautaires ; la restriction de lieux de distribution du vaccin en surprend donc plusieurs, incluant certains de nos médecins. Le gouvernement a lui aussi remarqué le problème et, le 24 septembre, la chaîne CBC a signalé que le ministère de la Santé avait envoyé des lettres dans le but de recruter des professionnels de domaines périphériques de la santé pour combler les lacunes découlant du manque de médecins et d’infirmières capables d’assurer les vaccinations. Les résultats de ce recrutement restent inconnus. CBC rapporte que « Les ordres professionnels des psychoéducateurs, sexologues et travailleurs sociaux ont mentionné à Radio-Canada qu’ils n’avaient pas encore terminé de consulter leurs membres. Ils ont indiqué qu’ils attendaient des clarifications de la part du ministère à savoir quels règlements et quelle formation devront être respectés pour assurer la sécurité publique ». Il en est ainsi puisque faire des injections intramusculaires à des humains nécessite une formation et de l’expérience. Donc, faire des efforts pour mettre en place quelque chose de la sorte en fin septembre avec du personnel non formé était déjà, comme l’a mentionné un reportage similaire de la CBC, « un vrai casse-tête ».
Au moment de rédiger cet article, le gouvernement du Québec semblait être revenu sur sa position et prévoyait apparemment (comme l’a remarqué Dr Bélanger, ce n’est pas encore tout à fait clair) autoriser plus d’endroits à donner le vaccin. Les problèmes qui pourraient subsister sont de trouver assez de gens formés pour donner les vaccins, de même qu’une distribution adéquate de vaccins (puisque seulement 25 % de plus qu’à l’habitude ont été commandés par la province), tout en respectant les protocoles du coronavirus. Les employés du Gleaner ont essayé de contacter certaines pharmacies, telles que les filiales de Pharmaprix et de Jean Coutu, qui affirment offrir des vaccins. Nous avons reçu plusieurs types de réponses : une réservation pour la fin novembre, effectuée facilement et de façon amicale, mais aussi des messages un peu rudes disant ne pas savoir s’ils auraient vraiment accès à des vaccins et demandant de les rappeler.
Selon cette même histoire de la CTV, datant du 15 octobre, les pharmacies demandaient aux autorités de la santé du Québec un meilleur accès aux vaccins pour subvenir à la demande et ont été informés qu’ils recevraient une réponse vers la mi-novembre. À cette même date, le centre médical d’Ormstown, mentionnant que nous étions probablement le centième appel à propos des vaccins contre la grippe cette journée-là, n’avait toujours pas reçu d’information de la part du ministère pour leur préciser comment administrer les vaccins. La bonne nouvelle est qu’en date du 16 octobre, le site Internet de clicsante.ca semblait bien fonctionner pour la prise de rendez-vous. Nous conseillons donc aux lecteurs de continuer de visiter ce site, d’appeler le numéro du Haut-Saint-Laurent (1-888-593-5116) si vous n’avez pas accès à Internet, ou d’appeler les pharmacies offrant le vaccin pour obtenir un rendez-vous. Le vaccin est gratuit pour les personnes âgées de plus de 75 ans, pour les personnes ayant des conditions médicales particulières et pour les femmes enceintes, mais tout le monde est fortement encouragé à se faire vacciner. Le site Internet ou le numéro de téléphone donneront plus de détails.

