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Sur la route de l’électrification

Lorsqu’on cultive des légumes biologiques, il est rare que notre seule préoccupation soit de ne pas utiliser de pesticides et d’engrais de synthèse. Plus souvent qu’autrement, les agriculteurs et agricultrices ont une vision plus globale et feront en sorte de créer des systèmes et des façons de faire qui réduiront l’empreinte écologique de leur entreprise.

C’est dans cette optique que La Ferme Coopérative Tournesol à Les Cèdres poursuit sa route vers la réduction de ses émissions de gaz à effets de serre. Produisant des légumes biologiques pour 740 familles (et des semences pour des milliers de jardiniers), ils se sont donnés comme mission de réduire leur empreinte carbone. Depuis leurs débuts, les engrais verts font parti intégrante de leur système de rotation, contribuant à séquestrer le carbone et à réduire la quantité d’intrants. Mais encore, quelques équipements auront étés délestés de leur moteur au gaz pour fonctionner à l’électricité. C’est donc 2 motoculteurs, 1 véhicule utilitaire et même un tracteur qui fonctionnent maintenant sans pétrole.

Mais, selon Reid Allaway, ce n’était pas assez. « La réduction d’émissions avec la conversion de ces outils a des impacts minimes ».

Afin de réduire significativement les émissions, il fallait maintenant s’attaquer à la plus grande source de gaz à effet de serre de la ferme : le camion de livraison.

« Nous avons le tracteur électrique mais aussi trois tracteurs qui consomment environ 800 litres de Diesel par année et une serre au mazout qui consomme 1500 litres mais, pour le camion de livraison, c’est 3000 litres de Diesel ».

 

Les membres de la Ferme Coopérative Tournesol et leur nouveau camion, l’elec-truck. PHOTO La Ferme Coopérative Tournesol

 

Malgré une mise en marché de proximité ne comprenant que deux journées de livraison, l’une à Pointe-Claire et l’autre à Beaconsfield, ces 10 000 km parcourus annuellement sont assez importants pour envisager l’ambitieux projet de convertir « un gros camion de 6 tonnes à l’électricité ». Le projet Elec-truck était né.

Pour ce faire, ils ont approché l’entreprise Ecotuned Automobile. Située à Varennes, elle a développé un système de conversion électrique pour les Ford de série E et F. On remplace donc tout le groupe moto-propulseur : bloc moteur, transmission et on ajoute deux batteries électriques.

Mais ce n’est pas tout. Ce qui est vraiment génial avec le produit offert par Ecotuned, c’est qu’il peut être réutilisé « d’un véhicule à l’autre ». Autrement dit, si le camion doit être mis au rencart, on pourra désinstaller le tout et le mettre dans un nouveau véhicule. La compagnie garantie que la durée de vie du moteur électrique est de « un million de kilomètres ».

Un montage financier a donc été préparé par Frédéric Thériault, associé d’Allaway dans la coopérative, afin de voir de quelle façon ce projet pouvait se réaliser. Parce que oui, il y a un coût important à ce genre de projet. D’abord l’achat d’un camion Ford E-450 puis le service offert par Ecotuned. Avec une réduction de 50% du coût de la conversion par le Ministère des Transports, on arrivait quand même à un montant un peu dissuasif.

C’est pourquoi la ferme a décidé de faire une campagne de sociofinancement (gogetfunding.com/elec-truck) afin d’amasser un montant de 20 000$. « Ce montant nous permet d’éliminer les surcoûts du projet ». Allaway explique que leur camion actuel, une Mercedes Sprinter rongée par la rouille « qui ne tient ensemble que par le lettrage de vinyle qui le décore » coûte 45 000$ à l’achat. « Il fallait, de toute façon, acheter un nouveau camion ». En revanche, avec la possibilité de réutiliser le système d’Ecotuned dans un autre véhicule, on amortit le coût d’achat. Il a été calculé qu’en 20 ans, 3 véhicules pourraient être nécessaires.

La campagne fut un succès. En effet, 23 425$ ont étés amassés en 10 jours pour un total de 238 donateurs et donatrices. La moitié des gens qui ont donné sont des partenaires de la ferme, des gens abonnés aux paniers de légumes mais, ce qui a le plus surpris et fait plaisir à Allaway, c’est le fait qu’« une bonne partie des montants provenaient de notre communauté de maraîchers et maraîchères biologiques. Des gens qui auraient bien eu besoin d’argent sur leur propre ferme mais qui sont fiers de contribuer à ce que nous puissions faire les cobayes dans cette expérience ». Une fierté partagée puisqu’elle permettra de faire rayonner le projet et d’en démontrer la faisabilité.

Selon l’Association des Véhicules Électriques du Québec (AVEQ), au 31 mars 2021, c’est 97 328 voitures électriques qui circulaient sur nos routes, soit presque la moitié de toutes les voitures électriques au Canada. Avec le récent investissement de 100 millions du gouvernement fédéral et provincial dans le constructeur d’autobus et de camions lourds Lion, on peut certainement dire que l’industrie québécoise est en plein essor. Mais il reste qu’en ce-moment, il n’y a pas d’offre sur le marché de camion de type « cargo van » qui soit électrique.

Mission accomplie donc, pour les fermiers et fermières de famille qui pourront d’ici 2 mois livrer leurs paniers de légumes dans un tout nouveau camion silencieux, sans traînée de fumée noire. Des légumes sains dans un camion sain, n’est-ce pas merveilleux?

 

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1 Commentaire

Bernard Arsenault 2021-05-06 at 07:49

Bravo, très belle initiative, beau projet, merci pour notre planète.

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